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  • Emir BERKANE

THALASSA en mode THALOUSHA*


Vendredi dernier 2,6 millions de Français (Chiffres CSA) et autant d’algériens (chiffres CKOICA) étaient devant leurs écrans de télévisions et d’ordinateurs pour regarder THALASSA spéciale côte algérienne.Un documentaire qui promettait beaucoup vu la mobilisation extraordinaire des autorités et des associations algériennes l’été dernier.

Moi même je fut contacté par Alexis Marrant l’un des deux réalisateurs de l’agence CAPA qui voulait en savoir plus sur mon travail, histoire que je fasse partie du Casting algérien. Au final, il semble que ni la plongée souterraine ni les micro plastiques, n’intéressaient l’agence CAPA à l’époque. Je fut néamoins rassuré, sachant que Samia Balistrou allait représenter la plongée, Karim(association ardh Bejaia) les écolos et Karim Chiri de Annaba la plongée souterraine. A dire vrai, je pense même que Thalassa ne pouvaient trouver meilleurs ambassadeurs pour les items sus cités, même si Karim Chiri n’a pas eu le temps de parole qu’il méritait, le résultat reste très probant. Je n’aurais certainement pas fais mieux.

Ceci dit, revenons au docu d’hier, même si je ne vous cache pas, que j’ai fais partie des milliers d’algériens qui ont visionné la vidéo destinée à la presse, piratée en bonne et due forme (Bienvenue au pays de Soli , Cadic et …. du piratage de DVD, agrée par l’état).

Je n’étais donc pas vraiment surpris, de voir qu’on se retrouve avec seulement deux minutes trente de vidéo sous-marine, contre plus de trente minutes d’analyse psychosociologique d’une partie de la jeunesse algérienne dopée au way way et accros à la stratégie de drague en temps de guerre.

La loi du Way Way...

Le way way parlons-en: Je veux bien que des documentaires montrent la réalité du terrain, la liberté d’expression, les gouts et les couleurs, la frustration des jeunes, leurs rêves, leur envie, la tentation de la harggua, la jeunesse dorée et les fils à papa au visage flouté, la carence du secteur touristique démocratique et populaire, les auberges de jeunesse soviétiques et un expert international en communication de numéro de téléphone en langue des signes mais juste une tite question siouplait :Qu’est ce que ça vient foutre dans Thalassa ????!!!!!

Pour moi comme beaucoup d’amoureux de la mer, Thalassa c’est le poisson, les plongeurs, la faune et la flore sous-marine, la marée pour les bretons, c’est des destinations insolites, c’est montrer le sauvage….heu, je retire ce dernier point, on a eu un ou deux sauvageons hier….

Sayabniii, khalini , nahder !!!

Vous voulez montrez le beau en Algérie ?

Winhoum les sentiers marins de la réserve de Taza à Jijel ? Winhoum les plages de sable fin de Mostaganem ? Winhoum les lacs d’El Taref ? WInhoum les Criques de Skikda ?

Non, vous préférez montrez la réalité du terrain ? Ok dans ce cas, Winhoum les braconniers des iles Habibas, connus, reconnus de tous? Wihoum les fonds de Bejaia polluées par la décharge à ciel ouvert de Boulimat? Winhoum les plongeurs-Braconniers- de corail d’El Kala ?

Winhoum les épaves antiques et historiques pillées en bonne et due forme avec la complicité de responsables?

Kifech ? Non tu veux pas faire de polémique ou de boulitik ? toi ton truc c’est la faune et la flore ? Rouuuule, alors Winhoum les experts en biologie sous-marine ? En fin de docu tout le monde a reconnu l’imminent Pr Derbal Farid de l’université de Annaba, (le gars assis de profil dans le semi rigide qui parle d’exploration et de découverte) paradoxalement on a laissé tout le monde parler de biologie sous-marine…sauf lui qui était le seul biologiste universitaire et spécialiste digne de ce nom, Non tout le monde est spécialiste mais lui il a droit à 12 secondes sur les 110 minutes…mais bon « tous les algériens sont des mécaniciens, » ça vous le saviez deja.

Des images sous-marines low cost

Et le plus important : Winhoum les images sous marines??? Quand j’ai appris en Aout dernier qu’au sein de l’équipe de tournage il n’y avait aucun plongeur, j’ai répondu : « Et comment ils vont faire ? »On m’a répondu c’est flen et flen qui vont filmer gratos pour eux. Les deux plongeurs et cameramen sous-marin amateurs en question sont des amis et des gens passionnés par la mer mais il n’en reste pas moins des amateurs et ça c’est vu dans la résultat final, lumière indigente, cadre approximatif, stabilité à vous donner le mal de mer sous l’eau….quel gachis. CAPA trop soucieuse de son bénéfice, en employant des amateurs à l’oeil, au lieu de professionnels avait condamnée de fait ce docu, mort dans l’œuf d’Esturgeon

Si ce n’était la mise à disposition gracieuse là encore, d’un hélicoptère par l’état algérien qui nous a permis de découvrir notre cote vue du ciel ; Merci Monsieur Sellal pour Supercopter, sans vous, nous aurions eu du way way et du papiche pendant une heure !

Heureusement, heureusement…qu’il y a eu (entre deux bikinis) Samia Balistrou, la maman de la plongée en Algérie, qui avec les enfants de SOS village, nous a donné la chaire de poule et nous a fais voyagé dans le passé de la Casbah. Heureusement qu’a Bejaia, Karim de l’association ARDH, fidèle à lui même a été le digne représentant des écologistes algériens. Heureusement, qu’on a eu Madame Fatima la patronne de pêche qui a montré ce qu’était la femme algérienne, une femme courageuse, une battante, une maitresse de maison, une mère de famille,…à défaut de la mer, on a eu une mère algérienne.

Abdel, le cuisto passionné a lui aussi donné une touche épicée et artistique au documentaire qu’il en soit remercié.

Ayant suivi de prés les tournages tout l’été, je sais aussi que beaucoup d’interviews ont été coupées, celles de hocine Koudri double champion d’Algérie de photographie sous-marines (Annaba), celle de Tarik Mokhtari d’Oran qui fait beaucoup pour la protection du milieu sous-marin depuis sa cité phocéenne. A ces cadres, ces algériens qui ont réussis et qui vivent la mer au quotidien on a préféré de longs monologues inutiles d’autres jeunes algériens légitimes mais qui n’avaient rien à faire dans ce documentaire.. Solution de facilité ? Bâclage ? ou ligne rédactionnelle et volonté stratégique de ne pas montrer l’Algérie qui avance ?

A qui la faute ?

Un moment j’ai pensé que c’était la notre, nous algériens capables de monter des projets de documentaires 100%MADE IN BLADI et après avoir été partie prenante dans pas moins de trois projets de ce type, j’ai vu que rapidement, toute entreprise de ce genre est vite mise en terre par une autre réalité du terrain, le système de la bureaucratie, le clientélisme et le benamisme , l’institutionnalisation de corruption, au sein de la télévision publique (j’assume ce que je dis et je pèse mes mots et j’attend avec plaisir d’être convoqué pour diffamation pour raconter ce que j’ai moi même vécu).

Vous me direz et les chaines privées ? Le manque de budget et d’intérêt pour ce genre de produit rend la chose improbable.

Comment expliquer aussi qu’il suffit qu’une boite étrangère de production modeste au final, se pointe et comme par enchantement, les autorisations, hélicoptères, escortes, pleuvent alors que pour un producteur algérien c’est la croix -de St andré-et la bannière pour avoir une autorisation de tournage en plein Alger ou filmer avec un simple drône ?

Prises de tête pour prises de vue

Pour finir sur une touche d’humour, je vais vous racontez une anequedote qui date de 2011, année ou nous avions organisé, une deuxième expédition dans le lac souterrain de Guelma en présence du double recordman du monde de l’époque Pascal Bernabé. J’avais déposé des demandes pour un soutiens et des dossiers auprès de cinq ministères: L’Environnement, Les ressources hydriques, le tourisme et les affaires étrangères.

L’environnement, fidèle à ses habitudes (qu’il garde à ce jour) n’a même pas pris le temps de répondre, le tourisme non plus (bien que le site à l’époque dépendait d’eux).

Les affaires étrangères ont fait le nécessaire (Comme d’habitude là aussi).

Le Ministère des ressources en eaux nous a fait une très belle lettre d’encouragement mais faute de chapitres adéquats, , ne pouvait nous aider.Par contre l’on nous faisait savoir que le Ministre de l’époque un certains Abelmalek Sellal, nous encourageait et nous félicitait pour notre démarche (c’est con on aurait du demander un Hélico à l’époque).

Le meilleur reste pour la fin, dans une superbe lettre, que je garde en souvenir, L’ancienne Ministre de la culture me répond au sujet d’un soutiens et d’une autorisation pour la réalisation par une équipe algérienne d’un documentaire sur l’Expédition BIR OSMANE II (qui dévoilera par la suite les premières images du lac souterrain et l’identification d’une épave au sein de la grotte datant de la fin du 19 siècle, excusez du peu), la Ministre , Toumi, herself, bourreau des chênes centenaires de Tlemcen, Capitale arabe à elle toute seule des activités folkloriques et inutiles, me répond croyez le ou pas , je cite : « Les documentaire ne font pas partie des activités et des prérogatives du Ministère de la culture »…..Nendeb wajhi en 3D alik y Khalida.......Remarque c’est ma faute au lieu de docmentaires sous-marins et souterrains, j’aurais du organisé une fantasia avec ghayta , bendir …et Derbouka (Un créneau découvreur de talents).

J’aurais certainement eu subventions, aides, autorisations….et lilicoubter pour prendre de la hauteur et enfin comprendre –peut être- comment fonctionne ce pays !

*Thalousha=Une tong usée, en algérien.

Winhoum= Oû sont.

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