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  • Emir BERKANE

La direction de la pêche de Bejaia tourne le dos à l’environnement.


Reunion du 25 Fevrier dernier au siége du parc national du Gouraya.

C’est avec stupéfaction que nous avons appris du coordinateur national du PROBIOM, Karim Khima, que la direction de la pêche de Bejaia a claqué la porte du comité de consultation pour la pêche durable dans la future aire marine protégée de Bejaia.

C’est le 25 Février dernier, que s’étaient réunis au siége du parc national de Gouraya, les membres du comité de consultation pour la pêche durable et artisanale dans la future AMP de Bejaia

Installé dans la semaine par Monsieur le Wali de Bejaia, le comité qui comprend, le parc du Gouraya, les gardes cotes, la direction de l’environnement, celle des forets, de la pêche, le parc national du Gouraya, la ligue subaquatique, le MEDPAN, le commissariat national du littoral, la chambre de la pêche, les associations des pécheurs (Coordinateur national de la pêche artisanale) et les représentants de la société civile en l’occurrence l’association ARDH et ATLANTIDE de Bejaia.

Le comité dont l’un des objectifs est l’organisation les activités de pêche, d’aquaculture et de plaisance dans la future aire marine protégée du parc de Gouraya, avait été installé plus tôt dans la semaine par le premier responsable de l’exécutif de la Wilaya de Bejaia afin de mettre en place un système d’organisation et de gestion du projet d'aire marine protégée soutenue par l’ensembles des intervenants locaux et qui jouit d’un projet de financement de MEDPAN d’une hauteur de 20 000 euros.

Cote de Bejaia (Cap Carbon www.routard.com) Crédit photo © sofianedz

Mais c’était sans compter sur l’étonnante attitude de Monsieur Adouane, directeur de la péche et de son représentant à la reunion Mr Elouardani. En effet, quelques minutes après le début de la réunion, Monsieur Elouardani a signifié ouvertement qu’il ne reconnaissait pas le comité et que ce dernier n’était pas en droit de l’inviter à cette réunion pourtant organisée après installation du comité par le Wali Ould Salah Zitouni.

Cette position n’est qu’à moitié surprenante, à vrai dire, vue que la dite direction a toujours été farouchement opposée à la mise en place d’une aire marine protégée et l’on se rappelle que fin 2014, le projet d’installation de cages d’aquaculture de façon anarchiques et unilatérale, avait poussé à une mobilisation citoyenne de la société civile, avant que le responsable ne fasse une première fois, marche arrière.

L’on se rappele également les déclarations pour le moins étonnentes, du Pr Kacher Mohamed, appelé à la rescousse du Ministère des péches, sur la Radio locale de Bejaia et qui prônait sur les ondes et en contredisant tous les experts internationaux, que l’aquaculture en cage n’avait je cite: "aucun impact sur l’environnement (?)" Une affirmation plus que déroutante, dans la bouche d’un scientifique qui a pourtant dirigé le CNRDPA (Centre national de recherche et de développement de l’aquaculture) organe de recherche du Ministre de l’agriculture du développement rural et de la pêche.

Pr Kacher Mohamed, conseiller à l'ex Ministère de la pêche

Le hic, c’est que les positions de Messieurs Adouane, Elouardani et Kacher vont diamétralement à l’opposé des déclarations et des positions du Ministre Ferroukhi qui a toujours prôné une pêche durable, une coopération intersectorielle et qui est à travers les opérations que son secteur organise ou soutiens, un fervent défenseur de l’environnement nous citerons notamment: Les ports bleus, les expédition MED et Grands requins du bassin algérien dont il est le parrain incontestable.

Sid Ahmed Ferroukhi aui avait courageusement declaré à la fin de la projection du film OCEAN, en marge du SIPA 2015, en Octobre dernier à Oran, que les ressources halieutiques ne survivraient pas à une pêche qui ne soit pas durable et responsable.

Comment donc expliquer que Bejaia tourne le dos à l’environnement au moment ou tous les acteurs s’accordent et se mettent d’accord pour un projet d’aire marine harmonieusement intégrée dans les activités des utilisateurs de la mer?

Comment expliquer que le directeur de la pêche de Bejaia ne reconnaisse pas officiellement (PV de la réunion à l’appuis), une instance multi-sectorielle, installée par le premier responsable de la Wilaya?

Comment expliquer aux pécheurs de la wilaya qu’il doivent rester à la table des négociations au lieu d’aller vers des opérations de contestation?

Comment expliquer à la société civile représentée par l’association ARDH, immortalisée dans le documentaire de Thalassa et reconnue à la COP 21 par Nicolat Hulot comme relais de ses actions, que leur propres responsables locaux ne les reconnaissent pas eux?

Karim Khia et Nicolat Hulot à Paris lors de la COP21.

Autant de questions qui devront trouver des réponses dans les jours avenirs vu le ton des déclarations de Karim Khia, Président de ARDH et coordinateur du PROBIOM (réseau national pour la protection de la biodiversité marine) dont voici un extrait:

« La direction de la péche n’a cessé de contester l'ordre du jour et provoquer l’assistance.Malgré la bonne volonté de tous a faire avancer le projet de la future aire marine protégée..... Mr elwerdani s'est même levé en plein débat pour quitter outrageusement l'assistance alors que le secteur de la pêche est le premier concerné …toutes les parties prenantes sont favorables et bien organisées pour faire aboutir des avancées majeures dans le projet à l’exception de Messieurs Adouane et El wardani qui commencent sérieusement à lever des tensions dans tout les milieux , y compris les pécheurs et les associations écologiques de Bejaia avec des déclarations incendiaires sur les radios et médias »

A quelques jours de la conférence régionale pour la pêche durable d'Alger à laquelle Karim Khia representera le réseau PROBIOM, cette volte face de la direction de la pêche de Bejaia risque de faire fausse note.

#bejaia #amp #pêche #kacher #karimkhima #nicolathulot

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