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  • Emir BERKANE

Récifs artificiels, le ProBioM hausse le ton.


Cela fait bientôt deux années que les associations membres du réseau ProBioM, militent pour l'immersion de récifs artificiels en Algérie mais les acteurs institutionnels et gouvernementaux, semblent vouloir continuer à avancer ...au ralenti.

Le premier récif expérimental immergé début Mai 2016 à Annaba.

Une rencontre nationale sur les récifs artificiels organisée par le Probiom (Réseau national pour la protection de la biodiversité marine), s’est déroulée cette matinée à la direction de la pêche de la Wilaya d’Alger.

Les objectifs de cette rencontre furent triple:

  1. Informer sur l’état d’avancement, plus que positif, du projet récifs artificiels Annaba de l’association Hippone Sub, financé par le fond mondial pour l’environnement et les nations unies (FEM/SGP/PNUD).Projet qui a consisté à immerger en Mai dernier les trois premiers récifs, autorisés par le gouvernement, après plus de sept mois de négociations. Récifs qui ont connus une colonisation et une création de biomasse exceptionnelle.

  2. Identifier les blocages et difficultés, empêchant des actions similaires, dans les wilayas ou les autres associations du Probiom souhaitaient reproduire l’expérience à savoir: Alger, Skikda, Cherchel, Mostaganem et Bejaia.

  3. Discuter avec les intervenants du projet à savoir les Ministères de la pêches, de l’environnement et de la défense pour lever les barrières administratives et difficultés à immerger des récifs artificiels.

Des représentants des associations et des Ministères concernés (Pêches, environnement, Défense), ainsi que des invités à savoir le Ministère des affaires étrangères et des organismes scientifiques (CNRDPA, ENSSMAL, CNL, université de Annaba), se sont réunis pour faire le bilan de l’action lancée par le ProBioM, en Mars dernier dés sa création.

Outre les récifs immergés à Annaba en Mai dernier et qui commencent à donner d’excellents résultats, il s’agira de celui de Cherchel immergé malgré la fin de non recevoir des autorités locales.

Les récifs artificiels, pour rappel, ont un rôle multiple:

1.Créer de la biodiversité afin de reconstituer les pertes engendrées par la pollution (domestique et industrielle), la destruction de l’habitat marin (comme dans la baie d’Alger et celles des grandes agglomérations ou les fonds sont recouverts de vase) ou encore par le raclage mécanique des fonds et l’utilisation de croix de St André dite « kherbacha » (Braconniers de corail sur la cote d’El Taref ).

2.Créer de la biomasse pour les pécheurs (récifs de production), qui à l’image de ce qu’il s’est passé à Marseille, oû les pécheurs ont vu revenir des espèces disparues depuis plusieurs années.

3.Créer des sites de plongée pour le tourisme sportif, un incroyable potentiels de rentrée de devises pour les clubs de plongée algériens, qui peuvent emboiter le pas à la Tunisie et surtout à l’Egypte, délaissées par les plongeurs du monde entier pour des raisons secrétaires.

4.Mettre en place les jalons de futures aires marines protégées, quasiment inexistantes (exception faite pour les iles Habibas et le parc de Taza) un nombre ridicule, pour un pays qui compte 1460 km de côtes.

Sur la question des récifs aussi, l’Algérie a connu un retard considérable dans la création et la mise en place de ce genre de dispositifs.En Méditerranée, nous sommes bons derniers, avec trois récifs autorisés (Annaba 2016) et trois autres sites non autorisés immergés par les association de Dellys et Oran en 2015 et Cherchel en 2016.

La France compte 13000 récifs et le plus grand récif d’Europe au Prado à Marseille.Même la Lybie continue malgré la situation actuelle à immerger des navires de guerre dépollues (Mars 2016) pour créer des récifs et assurer l’avenir de leur enfants.

En Tunisie, ce sont les professionnels, traduire les pécheurs, qui construisent et immergent eux même les récifs artificiels, tant l’impact sur la production de poisson est importante.

En Algérie, les associations et à leur tête celles du Reseau Probiom, sont prises en otages par la bureaucratie, la rigidité intellectuelle et le refus du changement de ses institutions.

Malgré les preuves scientifiques, les expériences locales et régionales, les rencontres scientifiques et les interminables réunions depuis deux années.Certains de ces intervenants, refusent d’obtempérer sérieusement.

Devant l’importance stratégique des récifs artificiels et soucieux de ne pas voir hypothéquer l’avenir de nos enfants.

Devant le risque des changements et des bouleversements, pouvant êtres engendrés par une destruction des milieux marins.

Devant le risque de voir disparaître des petits métiers de la pêche car il n’auront plus rien à pécher.

Devant l’urgence à protéger nos cotes du chalutage illégal, et du braconnage et de sanctuarisé certains sites, avant qu’il ne soit trop tard.

Devant la nonchalance de certaines institutions vis à vis de cette problématique et le temps mis à régler des formalités purement administratives, le Réseau Probiom avec à sa tête son coordinateur national Karim Khia de l’association ARDH de Bejaia et à l’unanimité des dix associations membres annonce:

Le Réseau Probiom dont le principal projet 2016/17 est l’installation de récifs artificiels sur le littoral algérien, annonce qu’en cas de retard supplémentaire à mettre en place un cadre légal et des facilitations au bon déroulement des ces opérations, en outre une instruction pour faciliter l’immersion de récifs par ses associations à l’image de l’expérience de Annaba ; Le ProBioM décidera d'immerger de façon clandestine, unilatérale et sauvage des récifs artificiels tout le long de la cote algérienne en se passant de toute forme d'accord ou d'autorisation.

Le ProBioM a déjà démontré si besoin est, qu’il en était capable, en immergeant symboliquement, il y'a quelques semaines, un récif "non autorisé" à Cherchel.

Cette opération n’a pas pour but de créer la confusion et le chaos mais celui d’alerter l’opinion publique, les ONG nationales et internationales et de causer un électrochoc auprès des hauts responsables des trois Ministères concernés, afin d’informer sur le manque de volonté, le désintérêt et parfois même l’incompétence de certains responsables centraux et locaux et vis à vis de cette enjeux écologique, de premier ordre.

Karim Khia de l'association ARDH, Coordinateur national du Reseau ProBiom.

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